Coin-Coin Factory
Écrit par Isabelle Nivet |
 

usineC’est sans doute la fanfare la plus connue du Morbihan, en tout cas la plus rigolote – et la plus funky. L’Usine à Canards n’a pas peur des couacs, même si dans la réalité elle en fait peu, ses musiciens jouant ensemble depuis maintenant plus de dix ans. C’est Pat Pereira qui l’a créée, mais comme il n’habite pas dans le coin-coin et qu’à nous deux on avait un emploi du temps de ministre, c’est le trompettiste Fanch Jouannic qui a accepté de nous raconter l’histoire sur un coin-coin de table.

«Tu cliques sur Google et là tu tapes le mot fanfare.
Tu trouves que ça fait un peu seul alors tu rajoutes aussi canard.
Tu tombes sur un truc qui meule, un truc trop cool, un truc trop bonnard.
Et alors là tu gueules MAIS OUI ! MAIS C’EST L’USINE A CANARDS !»

C’est « Fanfare sur le net » l’un des huit titres du premier – tadam – album de l’Usine à Canards, sorti au mois de mars, un album pêchu comme l’Usine, avec des vrais morceaux de pâté Hénaff à l’intérieur, des cuivres en veux-tu en voilà et un putain de sacré bon remix par – tadam – Ton’s, de St. Lô. Prix libre, vendu à la fin des concerts, vous êtes prévenus. Maintenant il nous reste dix secondes pour vous raconter avec Fanch l’histoire de l’Usine à Canards, créée en 2012 « ou en 2013 » à l’école de musique d’Auray par Patrick Pereira, prof de trompette, d’abord presqu’académie de trompette « on apprenait en jouant » stabilisée depuis cinq ans « ou six ans » à quinze musiciens avec tous les instruments en ette et one et aisse qu’il y a dans les fanfares « et un mégaphone ! Très important !». On vous passe les anecdotes de voyage, la Nouvelle-Orléans et le concert dans une église baptiste « avec l’orgue Hammond et les éventails Obama », le fait qu’ils mettent leurs cachets dans une tirelire pour partir en voyage ensemble, qu’ils se disent tout et sont « copains comme cochon », que leurs copines ont monté elles aussi une fanfare qui s’appelle Les canettes « les petites canes, pas les bières » (pas étonnant que sur « Sherpa », le morceau numéro 6 – celui qui a des airs de Goran Bregovic – il fassent des bruits de moutons, de poules ou de chats). On vous rappelle juste que vous les avez forcément croisés, ils jouent au moins une fois par an aux Valseuses, à Vannes ; l’été dernier ils ont fait « un concert de dingue » au Festival Interceltique à Lorient, ils ont mis le feu au Spotted Cat, à la Nouvelle-Orléans et ils ont été ovationnés dans un rassemblement de batteries fanfares en Vendée « Un truc complètement suranné, avec les uniformes et les majorettes, et nous on arrivait en reprenant la musique de Champs Elysées en version ska hip-hop ». Ben forcément. Alors à votre place, si on les avait jamais vus, on saurait quoi faire en décembre. Au lieu de rester au coin-coin du feu.

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