Lundi, 05 Décembre 2016 17:06

Jeux de vilaines

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Bérénice Guénée et Martina Menconi ont créé la compagnie Mains Fortes. Ensemble, de leurs doigts gantés, elles font exister deux petits personnages, Alpha et Bêta, dans un éloge de la différence, qui n’est pas destiné qu’aux enfants, « Haut Bas ».

On les avait découvertes lors d’un Micro Theatro, à Lorient, ces sessions de présentation de spectacles en cours de création. Dans un grenier, tout au haut des Ateliers du Bout du Monde. Il y avait déjà quelque chose, dans cet embryon de spectacle, qui attirait l’attention… Une forme d’absurdité à la Bartleby, dans l’histoire de ce petit personnage simplissime mais très expressif – deux doigts, un gant de laine, une tête en mousse – perdu dans un quotidien urbain et répétitif, et « sauvé » par l’exploration du monde. Après deux ans de travail, l’histoire a pris forme(s) : « On était parties de L’éloge de la folie, d’Erasme, qu’on a gardé en tête mais complètement lâché. Le propos s’est transformé en un questionnement sur la norme, la différence ; la notion de cadre social, à la fois rassurant et écrasant, et comment en sortir ». Alpha navigue entre deux univers, celui de la cité, évoqué dans un petit théâtre à la table – un travail de menuisier avec trappes, portes, et surprises – et celui du vaste monde, du voyage, recréé à base d’ombres – les deux filles viennent de l’univers des machines optiques – dans une esthétique plus surréaliste, onirique… « On s’est rencontrées dans la compagnie Les Rémouleurs, qui utilise les marionnettes et les projections d’images à l’ancienne, les lanternes magiques… A nous deux on cumule
scénographie et illustration ». Bérénice et Martina avaient envie de travailler en Bretagne, elles ont donc implanté leur compagnie, Mains Fortes, à Port-Louis, et à Rennes, où se trouve leur atelier. C’est là qu’est né Alpha, dont les états d’âme constituent le cœur du spectacle « Peur, froid, angoisses… On est parties de
son quotidien, comme base, et puis on l’a emmené sur la banquise, dans le désert… C’est ce voyage à travers les symboles, et les rencontres qu’il fait, qui lui permettent de se découvrir lui-même en même temps que le monde. L’idée c’était d’aller jusqu’à l’épanouissement par l’expérience. On avait envie d’être positives, de montrer qu’essayer ça enrichit, qu’accepter de ne pas être dans le moule peut apporter de belles choses » En noir et blanc, Alpha évolue parmi les dessins découpés, les miroirs et les silhouettes « On a beaucoup testé à partir des techniques qu’on maîtrisait déjà, des effets de lumière sur différents matériaux, rhodoïd, peinture vitrail, plexi... ». On attend avec impatience de voir si le résultat final, sur une vraie scène et non plus dans un grenier, gardera le charme du bricolage et de la simplicité, accompagné par une BO signée Stravinsky, Benjamin Britten et Yma Sumac…

Lu 1090 fois Dernière modification le Vendredi, 27 Janvier 2017 15:27
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